La Mourra

L’association « Mourra  Dei Quatre Cantouns » perpétue ce jeu, vieux comme le monde, en organisant le « Gavouot Mourra Tour » (championnat estival) et en participant à nombre de démonstrations.

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Le jeu de la mourra 

« La mourra est un compte, un jeu de mains. Un conte d’hier et de demain ». 

Devant vous des hommes se mettent à crier très fort en « patois » et à frapper violemment la table ? N’ayez pas peur. Vous n’assistez pas à une quelconque dispute, mais bien plutôt à une partie de mourra. La mourra, la mourro, la morra, la mourre…Plusieurs vocables pour une même passion celle de l’amour d’un jeu, d’une comédie. Un jeu de main, mais pas de vilains. Un jeu de poings ou de points. Un jeu fascinant qui remonte à la nuit des temps.  En effet il était déjà pratiqué par les Egyptiens il y a plus de quatre mille ans. Les Grecs et les Romains, durant l’antiquité, l’utilisaient, de même, pour son aspect ludique, mais aussi comme un rite divinatoire. Elle est encore jouée de nos jours tout autour du bassin méditerranéen, mais aussi dans les campagnes reculées d’Arabie, de Syrie et d’Irak sous le nom de jeu de montre (Mukhàraja : ce qui fait sortir). En Chine et en Mongolie le même jeu est connu depuis fort longtemps sous le nom de Hua quan (faire se disputer les doigts). Plus près de chez nous elle se pratique de Nice à la Haute Savoie respectant ainsi les limites de l’ancienne maison de Savoie. Dans le pays niçois quel village n’a-t-il pas résonné de parties de mourra ? Improvisée dans les rues de la vieille ville, dans les bars, les clos de boules, sur les places…Jeu préféré des bergers, des ouvriers, des pêcheurs, des bûcherons italiens. Ils y jouaient le plus souvent le coup à boire. Jouaient-ils, tout simplement,  pour oublier leur misère ?  Malheureusement dans les années cinquante le jeu de mourra est victime de son succès. Il est interdit au motif qu’il est source de disputes et de dérangements dans les lieux publics. La légende dit même que certains jouaient le couteau sous la table ! C’est cette décision qui mettra en veille ce jeu et le fera peu à peu péricliter, mais pas dans quelques nids d’aigle du haut pays comme à Ilonse, Pierlas et Thiery où la tradition, en cachette, s’est perpétuée…chut. 

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La règle du jeu

Le but du jeu : crier une somme imaginée en devinant le nombre total de doigts montrés. Exemple : si le joueur A a montré 3 doigts et le joueur B a montré 2 doigts il fallait annoncer le total cinq car 3 + 2 = 5. C’est aussi simple que cela ! Si les deux joueurs ne trouvent pas le résultat exact ou si, au contraire, ils réalisent mutuellement le chiffre annoncé, le jeu continue. L’arbitre, en bout de table, en est le garant moral ! 

Celui qui commence affronte les joueurs adverses à tour de rôle tant qu’il gagne. Dès qu’il perd, c’est son équipier qui prend « la main », c’est le cas de le dire. En tête à tête, par équipe de deux, trois ou plus la mourra se joue assise autour d’une table, mais aussi debout. Le nombre de points est déterminé à l’avance. En général deux manches gagnantes de quinze points.

La mourra un jeu de chance ? Dit-on cela du poker ? S’il y a une part de chance non négligeable, il n’en demeure pas moins que les « mourraires » usent de stratagèmes bien rodés pour en faire un jeu de stratégie, un jeu d’intuition. Le but est en effet d’analyser et d’étudier rapidement le jeu de l’autre.

1. Crier, vociférer, frapper fort sur la table afin d’impressionner son adversaire. Le but ? Prendre sur lui un ascendant psychologique et lui signifier par l’intensité de la voix que c’est vous le plus fort, qu’il n’a aucune chance.

2. Autre technique : annoncer toujours le même chiffre, par exemple cinq, en changeant à chaque fois le nombre de doigts, ceci pour tenter de faire venir le joueur adverse dans votre propre jeu. C’est une technique répétitive, mais usante pour l’adversaire qui n’entend qu’une intonation de voix et toujours le même chiffre. Le but ? Endormir l’adversaire, le faire craquer nerveusement.

3. Changer de rythme et jouer vite, si vite que vous êtes obligés de « manger les points » c’est-à-dire que vous ne vous arrêtez pas alors que vous avez marqué le point. Le but ? Toujours le même : déstabiliser l’adversaire, le provoquer.

4. Afin d’agrémenter la partie certains joueurs n’hésitent pas à compléter leurs annonces par un certain nombre de citations, de sentences, de proverbes correspondant au chiffre annoncé (exemple :  noù quouro ploù, quatre babis…). Le but ? Déconcentrer l’adversaire, l’embrouiller et l’amener dans son jeu.

5. Jouer avec les mains en changeant à chaque fois l’impact de la frappe, à gauche, à droite, au centre de la table ou devant le visage de l’adversaire (la main devant toujours être visible). 

De la sorte, ne sera pas toléré d’un bon joueur : 

  • Qu’il joue en retard et non de manière synchronisée avec son partenaire. 
  • Qu’il retire ou ajoute un doigt au dernier moment. 
  • Que son annonce ne soit pas claire et intelligible, qu’il y ait équivoque entre deux annonces. 

Les annonces se font, bien sûr, en niçois, en gavot… Un bon joueur se distingue par son « gaubi », il ne « banège » pas les points, gagne souvent « ar mount », mais il se distingue surtout par sa convivialité. Maintenant, à vous de jouer ! 

 Pour tout savoir sur ce jeu : http://mourra.unblog.fr

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